accueil | contactez-nous

rezo ivoire
  • Actualité
    • Nationale
    • Internationale
    • Sports
  • Profil
    • La Côte d'Ivoire de A à Z
    • Figures Africaines
    • Parcours
  • Culture
    • Littérature
    • Musique
    • Art
  • Libre opinion
    • Déclaration
    • Point de vue
  • Utile et Pratique
    • Annuaire
    • Information santé
    • Le guide de la diaspora
    • Humour
FIGURE AFRICAINE

Discours de Patrice Lumumba à la cérémonie de l'indépendance Congolaise
| 13/8/2006

Actualité
Patrice Lumumba

Après le discours du roi et du président, Lumumba, ministre des affaires étrangères, prend la parole alors que son intervention n'était pas prévue.
Le caractère imprévu du discours tendit l'atmosphère parmi les personnalités présentes.

"Congolais et Congolaises,

Combattants de l'indépendance aujourd'hui victorieuse,

Je vous salue au nom du gouvernement congolais.

A vous tous, mes amis, qui avez lutté sans relâche à nos côtés, je vous demande de faire de ce 30 juin 1960 une date illustre que vous garderez ineffaçablement gravée dans vos c?urs, une date que vous enseignerez à vos enfants, pour que ceux-ci à leur tour fassent connaître à leurs fils et à leurs petits-fils l'histoire glorieuse de notre lutte pour la liberté.

Car cette indépendance du Congo, si elle est proclamée aujourd'hui dans l'entente avec la Belgique, pays ami avec qui nous traitons d'égal à égal, nul Congolais digne de ce nom ne pourra jamais oublier cependant que c'est par la lutte qu'elle a été conquise, une lutte de tous les jours, une lutte ardente et idéaliste, une lutte dans laquelle nous n'avons ménagé ni nos forces, ni nos privations, ni nos souffrances ni notre sang.

Cette lutte, qui fut de larmes, de feu et de sang, nous en sommes fiers jusqu'au plus profond de nous-même, car se fut une lutte noble et juste, une lutte indispensable pour mettre fin à l'humiliant esclavage qui nous était imposé par la force.

Ce que fut notre sort en 80 ans de régime colonialiste, nos blessures sont trop fraîches et trop douloureuses encore pour que nous puissions les chasser de notre mémoire. Nous avons connu le travail harassant, exigé en échange de salaires qui ne nous permettaient ni de manger à notre faim, ni de nous vêtir ou de nous loger décemment, ni d'élever nos enfants comme des êtres chers.

Nous avons connu les ironies, les insultes, les coups que nous devions subir matin, midi et soir, parce que nous étions des nègres. Qui oubliera qu'à un noir on disait "tu", non certes comme à un ami, mais parce que le "vous" honorable était réservé aux seuls blancs ?

Nous avons connu que nos terres furent spoliées, au nom des textes prétendument légaux qui ne faisait que reconnaître le droit du plus fort.

Nous avons connu que la loi n'était jamais la même selon qu'il s'agissait d'un blanc ou un noir : accommodante pour les uns, cruelle et inhumaine pour les autres.

Nous avons connu les souffrances atroces des relégués pour opinions politiques ou croyances religieuses : exilés dans leur propre patrie, leur sort était vraiment pire que la mort elle-même. Nous avons connu qu'il y avait dans les villes des maisons magnifiques pour les blancs et des paillottes croulantes pour les noirs : qu'un noir n'était admis ni dans les cinémas, ni dans les restaurants, ni dans les magasins dits européens, qu'un noir voyageait à même la coque des péniches au pied du blanc dans sa cabine de luxe.

Qui oubliera, enfin, les fusillades où périrent tant de nos frères, ou les cachots où furent brutalement jetés ceux qui ne voulaient pas se soumettre à un régime d'injustice ?

Tout cela, mes frères, nous en avons profondément souffert, mais tout cela aussi, nous, que le vote de vos représentants élus a agréés pour diriger notre cher pays, nous qui avons souffert dans notre corps et dans notre coeur de l'oppression colonialiste, nous vous le disons, tout cela est désormais fini. La République du Congo a été proclamée et notre cher pays est maintenant entre les mains de ses propres enfants (...)".

Patrice Lumumba, Discours, Léopoldville, 30 juin 1960.

Lumumba surprendra le protocole en prenant la parole après les discours respectueux du roi Baudouin et du président Kasavubu. Dans son discours, il se moque du caractère cérémonial des circonstances ainsi que des règles de préséance. S'agit-il d'un acte d'indiscipline ou d'héroïsme ?! Nombreux sont ceux qui se posent la question?

 

Ajouter aux favoris / Partager
Ajouter aux favoris / Partager

A lire également

  • Mobutu Sese Seko (1930 - 1997)
  • Frédéric Bruly Bouabré
  • Tidjane THIAM
  • Edem Kodjo
  • Qui est Barack Obama ?

Figure-Africaine

les archives

Condition d'utilisation | Proposer Réseau | Contactez-nous
Copyright © 2005 A.M.N Ltd - Tous Droits Réservés.