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Améliorer sa lecture

La connaissance du processus de lecture et des critères de lisibilité est indispensable pour quiconque participe à l'élaboration d'un objet imprimé.

A. Le processus de lecture

Comment lit-on ?
Historiquement, on peut distinguer trois types de lecture correspondant à trois périodes historiques :
- un stade de pénurie / lecture orale avant Gutenberg
- un stade de production industrielle / lecture visuelle intégrale après Gutenberg
- un stade d'abondance / lecture sélective ou partielle à l'heure du multimédia.

Lecture intégrale

La vitesse de lecture
- Lecture orale (9000 mots à l'heure)
- Lecture visuelle (de 15 000 à 100 000 mots à l'heure)
un lecteur lent déchiffre 15 000 mots à l'heure / un lecteur moyen, 36 000 mots / un lecteur rapide jusqu'à 100 000 mots

Quand on pense à lecture intégrale, on pense à lecture mot à mot, et même syllabe après syllabe pour les débutants : par ex. l'enfant qui apprend à lire (et qui souvent ne comprend pas bien ce qu'il a lu). Ce n'est pas tout à fait ça.

Le mouvement de l'oeil en lecture visuelle intégrale
Le cheminement visuel d'un lecteur occidental va de gauche à droite et de haut en bas en suivant les lignes. Mais le mouvement n'est pas continu.

- il est saccadé : un temps de fixation d'un quart à un tiers de seconde est suivi d'un temps de passage d'un quarantième de seconde à une autre fixation.
- la différence entre un lecteur lent et un lecteur rapide ne résulte pas de la durée du temps de fixation mais de la perception de davantage de signe à chaque fixation (5 lettres pour l'un, soit un mot en moyenne ; plus de 10 lettres pour l'autre, soit au moins deux mots)

L'unité du processus de lecture n'est pas la lettre (ou la syllabe) mais le mot (ou le groupe de mots).
Encore faut-il retenir pour comprendre ce qu'on lit. Un premier niveau de mémoire (à court terme) stocke puis évacue entre dix et vingt mots en quelques secondes, ce qui permet de dégager le sens d'une phrase. Ce sens est ensuite transmis à un second niveau de mémoire (à long terme) pour être conservé plus longtemps.

Lecture sélective

La lecture sélective (ou partielle) est une tactique plus efficace que la lecture intégrale. Le lecteur articule ses séquences de lecture en fonction de ses besoins d'information. On parle aussi de lecture de consultation (ou de lecture périphérique) par opposition à la lecture continue.
Elle permet de saisir l'ensemble avant d'entrer dans les détails, de trouver l'idée principale, d'aller chercher une information déterminée.

Les techniques de lecture sélective :

- l'analyse globale préalable : avant d'entamer la lecture intégrale d'un texte nous en prenons toujours une connaissance préalable.
Lecture des résumés : titre, sous-titre, table des matières ou sommaire, texte de présentation (au dos)
L'utilisation des nomenclatures : bibliographie, index des noms (index nominum), index des notions ou thématique (index rerum), thesaurus (index explicatif). C'est cette pré-connaissance qu'il faut développer pour adapter sa lecture.

- la recherche des mots-signaux : s'entraner à rechercher dans des documents (annuaire, bottin téléphonique, encyclopédie) certains mots particuliers. Il existe des table des matières, index, thésaurus...

- l'écrémage : "réduction du nombre des mots sans que la compréhension générale du texte en soufre". Tous les lecteurs rapides pratiquent l'écrêtage linguistique qui est l'élimination inconsciente des parties les plus redondantes en lecture dite intégrale. L'écrémage, c'est la pratique systématique et consciente de cette élimination. Etant donné que la redondance peut atteindre jusqu'à 50%, on peut espérer ainsi doubler la vitesse de lecture.

Règles de l'écrémage :
- trouver rapidement l'idée principale du texte
- lire à fond les phrases importantes
- passer très vite sur les phrases de détail

Dans le cas de l'écrémage, on aborde le texte sans savoir ce qu'il faut y chercher. Avec le repérage, on sait ce qu'on veut trouver (telle information, pas une autre).
- le repérage ( skip reading) est la recherche au sein d'une page d'un mot ou d'un groupe de mots clés pour trouver l'information cherchée (ex. recherche d'une petite annonce / d'un article dans le journal / d'un nom sur une carte routière).
L'oeil fonctionne alors comme un radar balayant un espace de signes à la recherche du mot clé.
- L'écrémage sélectif combine repérage (recherche de points d'encrage) et écrémage. Dans les manuels de lecture rapide cette technique générale de lecture sélective (incluant le repérage) est désigné simplement par le mot écrémage (ou skimming).
- Les points d'encrage sont les points de repères de la lecture sélective : ce sont les mots clés mais aussi des signes typographiques (lettrines, capitales, italique, gras, alinéa, titres, intertitres...), qui déclenchent deux types d'appréciation : passage sans intérêt / passage intéressant (relatif).
A chaque repérage s'opère un déclic : sans intérêt / je saute ; intéressant / je lis. Si erreur ou confusion l'oeil peut retourner en arrière.

Lecture anticipée L'oeil est l'organe de la vision, mais le regard est acte de pré-vision... (P. Valéry)

A l'opposé de celui qui lit n'importe quoi, n'importe comment, n'importe quand... le "superlecteur" sait anticiper, prévoir, organiser ses lectures. Quel que soit le document, il sait l'embrasser du premier coup d'oeil, le feuilleter intelligemment pour se faire une idée plus précise du contenu, et trouver ce qu'il cherche : sommaires, rubriques, tables de matière, index sont là pour ça.

B. Lecture de la presse

Les lecteurs de journaux ou de magazines ne lisent pas tout (même en vacances). C'est normal, les supports de presse ne sont pas fait pour ça. Un journal d'une vingtaine de pages (Le Monde, Le Figaro) contient autant à lire qu'un bouquin de 200 à 250 pages. La lecture d'un numéro du Monde demanderait au moins quatre heures à un très bon lecteur ! La plupart des grands magazines offrent entre 10 et 20 heures de lecture.

En fait, les Français consacrent en moyenne une vingtaine de minutes à leur quotidien et une heure à un magazine. Conclusion : le lecteur ne lit en moyenne que 10 % du journal !Le lecteur d'un quotidien ou d'un hebdomadaire pratique une lecture très sélective. Si le journal est bien conçu, il pourra sélectionner rapidement les informations qui l'intéressent. Le processus de lecture d'un journal est donc spécifique.
-le lecteur regarde d'abord une page entière en posant son regard sur un point situé dans le premier tiers supérieur, à gauche du milieu de la page (le point focal).
- il dirige ensuite son regard vers le coin supérieur gauche, puis vers le coin supérieur droit.
- il descend ensuite en diagonale vers le coin inférieur gauche et regarde pour finir le coin inférieur droit.
Le regard du lecteur survole une page de journal en traçant un Z imaginaire.
Le maquettiste tente d'organiser sa page en fonction de ce comportement.

En fait, on distingue trois niveaux de lecture d'un journal :
1. la une, la dernière, la titraille et les illustrations (dessins, photos, cartes...) sont lues (ou vues) au premier coup d'oeil.
2. les petits articles : chapô, brèves, encadrés, billets, chroniques, légendes des photos sont lus au second coup d'oeil.
3. le texte des articles n'est abordé que dans un troisième temps.

C. Améliorer sa vitesse de lecture

- Devenir un superlecteur Le lecteur expérimenté adapte sa vitesse de lecture sélective en fonction de la difficulté ou de l'intérêt du texte. Son oeil n'est plus soumis à l'enchanement linéaire, son champ d'action c'est la page dans laquelle il navigue avec flexibilité (hypertexte). Il est devenu une formidable machine à absorber l'information, un superlecteur.

Les méthodes de lecture rapide ne manquent pas. Les moyens d'améliorer sa vitesse de lecture sont multiples (Cf. Méthode de lecture rapide de François Richaudeau chez Marabout).

Source cybertribes.com

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