
Les intellectuels ivoiriens et allemands dissèquent la notion de violence dans les conflits armés.
Les conflits qui ont émaillé l'histoire de trois pays de l'Afrique de l'ouest ( Côte d' Ivoire, Libéria,Sierra Leone ) ont laissé des traces dans la mémoire de leurs peuples respectifs eu égard à la violence perpétrée sur les populations.
C' est toujours traumatisées que ses populations revisitent leur passé. Mais ne pouvant pas continuer à vivre en ressassant le passé, il importe donc aux survivants d' imaginer un avenir un avenir plus radieux en tirant les conséquences de ce passé douloureux.
C' est à cet exercice que les intellectuels allemands et ivoiriens, réunis à l'Institut Goethe du 09 au 10 février ont invité le public à travers un atelier intitulé : " l'expérience du passé ". Les chercheurs invités ont, à travers leurs études menées sur la crise ivoirienne et aussi dans la sous région démontré que la violence est un phénomène intimement lié à l' évolution de l' homme et que malgré les mécanismes de prévention, elle survient toujours là où on l'attend le moins.
Selon M. Till Föster, anthropologue à l'Université de Bâle, dans sa communication intitulée: " la crise ivoirienne vue par le bas" la violence perpétrée pendant la guerre reste encore présente dans la mémoire des ivoiriens. Cette violence a-t-il poursuivi, est le produit d' un sentiment de ras-le-bol d' une frange de la population qui ne supporte pas d' être dominée par l' autre frange. Toutefois, le chercheur a fait remarquer que malgré toute la violences exercée pendant le conflit ivoirien, les populations manifestent le besoin de continuer à vivre ensemble dans une parfaite symbiose. D' où son optimisme pour le processus de paix en cours.
L'exemple de la Sierra Leone exposé par M. Cissé Amadou à travers son texte qu'il a baptisé " vivre et mourir avec la violence " a enseigné au public que la violence ne naît pas uniquement à la faveur des conflits mais plutôt qu'elle est plus voyante pendant les crises. M. Cissé a même soutenu que les survivants de ces crises sont tellement marqués par la violence qu'il leur est très difficile de tirer un trait sur le passé. Quand bien même il y a une prise en charge psychologique et affective des personnes ayant subit ou produit la violence. A à la fin de son exposé il s' est demandé si la violence dans ces pays africains n' est pas une fatalité.
Le Prof Ouattara Azoumana a quant à lui apesanti sa reflexion sur l'ilpact des contestations syndicales sur l' Armée ivoirienne. De son exposé il en est ressorti que l' Armée ivoirienne est trop politisée et exerce le plus souvent la violence sur la population sans que la hiérarchie ne prenne des sanctions adéquates. Il a par ailleurs relevé que le recrutement des jeunes soldats pendant le conflit armé ne s' est pas fait sur une base partisane. Il est donc impérieux a-t-il fait savoir, que l'Etat réforme l'Armée s' il ne veut pas être toujours à sa merci.
Le sociologue Koné Gnangadjoman qui a mené des recherches dans les zones occupées par les Forces Nouvelles a fait savoir au public qu'aux premières heures du conflit, les populations de ces zones ont adhéré au discours de leurs " libérateurs " mais par la suite elles se sont désolidarisées car la mission de libération a été dévoyée à leurs yeux.
Aujourd'hui donc ces populations en zones CNO veulent vraiment fraterniser avec leurs frères du Sud.
A la fin de l'atelier, les intervenants ont tous reconnu qu'il n' est facile de juguler la violence dans ces trois pays qui resteront pendant un long moment un terreau fertile pour la résurgence des conflits avec son corollaire de violence. Ils ont à l'unanimité souhaité que les dirigeants africains aient une grande vision pour leur peuple et qu'ils ne continuent plus à lui servir toujours la violence. Malgré ce tableau sombre, le public et les panelistes se veulent optimistes car disent-ils, certains pays on connu pire que ça mais ont réussi à se relever. C' est donc à juste titre qu'ils appréhendent l'avenir avec un espoir certain.