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Littérature

L'enfant noir (1953) de Camara Laye
  [ 12/3/2008 ]


L'enfant noir (1953)

Sans doute le roman africain le plus connu et le plus souvent cité dans les manuels et les anthologies. Un livre tendre écrit à la première personne, qui évoque, avec une évidente nostalgie, le bonheur de l'enfance et présente une chronique souriante de la vie dans un village de Guinée durant la colonisation.

Laye vit entouré de sa famille. Son père, forgeron et orfèvre, l'initie aux mystères de la connaissance et aux techniques de son art. Il commence à fréquenter l'école française, puis vient le temps d'entrer dans l'association des non-initiés et de subir l'épreuve de la circoncision.

A quinze ans, Laye part pour la capitale afin d'entrer au Collège technique de Conakry où il rencontre Marie. Ayant obtenu son certificat d'aptitude professionnelle, Laye a la possibilité de se rendre en France pour y poursuivre ses études...

L'absence de remise en cause du processus colonial et l'attrait du héros pour la culture occidentale ont, dans le contexte politique de l'époque, valu à l'auteur quelques sévères critiques, tout particulièrement de Mongo Béti qui qualifia ce roman de "littérature rose". Riche d'enseignements sur la vie quotidienne, ce roman fut l'un des premiers parmi une longue série de récits d'enfance souvent largement autobiographiques.

L'Enfant noir, rééd. Pocket. Parmi d'autres titres : Le Maître de la Parole, rééd. Pocket.

Chronique : L'enfant noir, de Camara Laye
L'enfant noir, classique de la littérature négro africaine, raconte la vie d'un enfant africain qui, un peu malgré lui, s'éloigne peu à peu des valeurs, des traditions séculaires de son peuple.

Récompensé en 1954 du prix Charles Veillon, L'Enfant Noir fait partie de ces œuvres africaines qui ont échappé au thème de la colonisation vue comme acculturation (volontaire ou forcée) par de nombreux auteurs. L'auteur, Camara Laye, nous livre tout simplement la vie d'un enfant africain qui, un peu malgré lui, s'éloigne peu à peu des valeurs, des traditions séculaires du peuple auquel il appartient.

Le personnage principal de l'œuvre commence sa vie à Kouroussa, une petite ville de Guinée- Conakry où il partage la case de sa mère. La concession de son père, dans laquelle il vit, fourmille d'activités diverses ; le petit Camara est donc très tôt en contact avec la vie de la petite communauté à laquelle il appartient. Fils du forgeron le plus réputé de la ville, il est baigné dans un univers un peu mystique et il apprend très tôt que les objets, les animaux, les personnes ne sont pas toujours ce qu'ils ont l'air d'être. Dès ses premières années, il apprend par exemple à reconnaître le serpent noir qui représente le totem de son père et à ne pas s'étonner que sa mère puisse d'une simple injonction rendre docile un cheval récalcitrant.

Il passe aussi beaucoup de temps à Tindican, le village de sa mère, où il retrouve sa grand-mère, ses oncles et aussi ses petits camarades de jeux pour lesquels il est déjà un peu « le garçon de la ville ».

A l'école, comme beaucoup de ses camarades, il subit les brimades des élèves de la « grande classe », ceux qui doivent passer le certificat d'études, jusqu'au jour où son père décide d'intervenir. Quelques temps après cette intervention, le directeur de l'école, jugé trop laxiste par les parents d'élèves, est renvoyé et remplacé. Camara poursuit alors une scolarité sans histoire et passe sans problème ni surprise son certificat d'études.

Camara Laye (1928 - 1980)
Camara Laye est né en 1928 en Guinée et il est décédé en 1980 au Sénégal.

Il est le descendant d'une famille très attachée aux traditions. A la fin du lycée, il a quittéla Guinée pour suivre en France des études de mécanique qui lui valurent un diplôme d'ingénieur. C'est dans ce pays qu'il écrivit en 1953 son premier roman, l'Enfant noir (1953), très autobiographique et dans lequel il évoque son enfance guinéenne.

Ce roman, très apprécié en Europe et particulièrement en France, ne fut pas aussi vigoureusement aclamé en Afrique. Certaines critiques furent même franchement hostiles. On lui reprocha par exemple d'avoir donné une image stéréotypée et idylliquede l'Afrique coloniale, ceci en pleine période de combat pour la décolonisation.

L'année suivante, Laye publia un deuxième roman, le Regard du roi (1954), récit allégorique et initiatique dont le héros, un Blanc qui s'est fait rejeter par ses compatriotes, tente d'accéder à la sagesse profonde de l'Afrique avec l'aide de maîtres spirituels noirs.

En 1956, Laye décida de rentrer en Guinée où il exerça des fonctions importantes au ministère de l'Information. Mais quelques années plus tard, il prit ses distances avec le pouvoir dictatorial et s'exila définitivement à Dakar, où il travailla comme chercheur à l'IFAN. C'est au cours de cette période qu'il rédigea Dramouss (1966), la suite de l'Enfant noir, qui raconte la déception du héros lors de son retour au pays natal. Ce roman, qui tient de l'allégorie et du pamphlet, est en réalité une violente critique contre le régime de Sékou Touré. Publié au Sénégal où il s'était exilé, son dernier livre, le Maître de la parole (1978), est la transcription d'une épopée orale consacrée à Soundiata, empereur mandingue mort en 1255. Fruit d'une enquête de vingt ans menée auprès des griots malinkés, cet ouvrage précieux nous donne accès à l'une des plus grandes chansons de geste de la tradition négro-africaine.

Bibliographie
L'Enfant noir, 1953
Le regard du roi, 1954
Radiance of the king
Dramouss, 1966
Maître de la parole. Kuma lafolo kuma, 1980
The Guardian of the Word

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